La médiation, une approche résolument humaniste



L’être humain passe sa vie a essayer de combler ses besoins et ses désirs. C’est une fonction constituante qui ne sert pas seulement à garantir notre propre survie mais aussi celle de notre espèce.


Un conflit naît quand notre désir est entravé par le désir de l’autre 

Or, dans le conflit, nous détournons notre attention de l’objet du désir pour nous focaliser, comme par obsession, sur l’autre, laissant la place à une peur insidieuse qui nous prive de nos repères et nous fait réagir instinctivement. Dans cet état d’esprit de surcharge émotionnelle, où nous sommes coupés de nos fonctions cognitives les plus élémentaires, telles que la réflexion ou la prise de recul, le conflit peut rapidement basculer dans le chaos.

Ne nous voilons pas la face ! Il n’y a pas de conflit sans violence. Afin de juguler sa souffrance liée à cette violence, l’être humain va de façon inconsciente, faire endosser le rôle du bouc émissaire à ceux qui l’entourent. Jeter la faute sur l’autre et se dédouaner de sa part de responsabilité est un mécanisme stéréotypé. Les relations professionnelles ou privées ainsi affectées se transforment en source de stress ce qui entraine inévitablement une baisse de la performance, de la motivation et du bien-être physique et psychologique.

La médiation intervient à un niveau préventif avant l’explosion du conflit ou avant une éventuelle action en justice.

On peut distinguer 3 formes de violence menant à des souffrances non reconnues.

  • La violence intériorisée est un choc reçu lorsque nous sommes confrontés à la parole ou à l’acte inacceptable de l’autre.
  • La violence émotionnelle, qui précède la violence verbale et physique, a un caractère insidieux. Elle se présente souvent sous forme de harcèlement répété et de non-dit.
  • La violence verbale, contrairement à la violence physique, n’est que rarement prise en compte par la justice et nous laisse sans moyens concrets face à ses auteurs.
    (Morineau, L’esprit de la médiation 2010)

Que pouvons nous faire ?

La souffrance non reconnue pousse la personne blessée à déployer ses mécanismes de défense. Son instinct de survie s’active et ses stratégies mènent inexorablement à l’expression de la violence. Soit elle est exprimée de façon tonitruante par des gestes, des paroles ou des actions offensives, soit elle est refoulée et exprimée par des pensées, des ressentiments ou des actions défensives.   

La médiation permet une mise en commun et une expression de la violence en offrant aux parties de revivre leurs souffrances et à se réapproprier leur destin dans le cadre bienveillant garanti par le médiateur.

Les parties viennent généralement en médiation avec un fort sentiment de frustration et d’impuissance. Une des premières fonctions de la médiation sera de débloquer ce vécu statique et de le transformer en un vécu dynamique rendant à chacun sa capacité d’agir. Le questionnement intérieur fera émerger les émotions refoulées permettant ainsi de les accepter et de se poser les vraies questions, de sorte que les parties puissent trouver elles-mêmes une solution au conflit.

Vous rencontrez des situations conflictuelles dans votre entreprise ou sur votre place de travail ? Tentez la médiation professionnelle !

Flore Lakhdhar

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